The story of the independent muslim unit "Mesa Selimovic" may be read in
the english version at
> http://www.vorstadtzentrum.net/cgi-bin/joesb/
news/viewnews.cgi?category=all&id01232785
or
> http://it.groups.yahoo.com/group/crj-mailinglist/message/1327

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L'histoire de la � Mesa Selimovic �, unit� musulmane ind�pendante


� D'abord, il faut se d�barrasser des communistes. Vous savez qui c'est,
voil� les listes ici. Et apr�s �a, on liquide les Serbes. �

Cet article a �t� publi� dans le journal Dani. Il pr�sente un compte
rendu int�ressant sur le d�but de la guerre en Bosnie-Herz�govine. C'est
l'interview d'Ismet Djuheric, commandant d'une division musulmane qui a
combattu aux c�t�s des Serbes.

Une compagnie d'honn�tes combattants
par Vlado Mrkic


Ismet Djuheric a �t� le premier commandant de l'unit� �Mesa Selimovic�,
appartenant � l'arm�e de la r�publique serbe, et dont les membres
�taient pour la plupart des musulmans en provenance des villages des
municipalit�s de Bosanski Brod et Derventa. Cette unit� de � Chetniks
musulmans �, comme certains l'ont appel�e, a �t� et reste encore
aujourd'hui l'une des grosses controverses de la guerre �coul�e.
Ismet Djuheric parle dans Dani des �v�nements auxquels il a particip� ou
assist� en tant que simple t�moin.
Aujourd'hui, Ismet Djuheric vit en compagnie de son �pouse Hanumica dans
le village de Sijekovac, pr�s de Bosanski Brod. Sa fille et lui sont
employ�s � la raffinerie de p�trole de Brod. Hormis plusieurs mois
pass�s comme r�fugi�s dans les villages avoisinants de Dubocac et de
Kobas, les Djuheric sont la seule famille musulmane � avoir pass� toute
la guerre dans le village de Sijekovac.
Cet article ne repr�sente qu'une petite partie de l'histoire, c'est un
t�moignage sur une �poque tragique, sur des �v�nements qui ne pourraient
avoir eu lieu, nous semble-t-il, que dans ce chaudron bosniaque chauff�
� blanc par les dissensions et la haine des voisins des deux rives de la
Sava et de la Drina.

Le d�but des troubles

Avant la guerre, je travaillais � l'H�tel de Ville de Brod, en Bosnie,
et mon travail se rapportait � certaines activit�s des autorit�s.
J'�tais �galement en relation avec les autorit�s elles-m�mes. Je
mentionne ce d�tail parce qu'il devait affecter ma destin�e ult�rieure.
J'ai toujours �t� actif en politique, j'ai toujours �t� � gauche, comme
membre du Parti communiste et, plus tard, de la Ligue communiste.
Aujourd'hui, je suis socialiste. Je pense que ce choix est correct. J'ai
toujours dit, et je le pense toujours, que ce sont les extr�mistes qui
ont d�clench� cette guerre. Ils �taient un outil dans les mains de ceux
qui sont venus au pouvoir � l'issue des premi�res �lections
multipartites, c'est-�-dire au moment o� nos malheurs ont commenc�.
Avant la guerre, j'�tais officier de r�serve de l'arm�e populaire
yougoslave (APY). J'avais le grade de capitaine et j'�tait membre de la
327e Brigade (� l'�poque), � Derventa. Le bataillon de Brod faisait
partie de cette m�me 327e Brigade. J'effectuais certaines t�ches. A
l'�poque, c'�tait l�gal. La guerre n'avait pas encore d�but� dans cette
r�gion, mais j'appr�hendais d�j� sa venue. Mes activit�s � l'H�tel de
Ville �taient d'ailleurs en rapport avec les �v�nements. Beaucour de
gens n'aimaient pas cela, surtout les extr�mistes, la plupart �taient
des Croates, et puis des musulmans, aussi.
Je dis �musulmans� parce que j'en suis un. Avant, j'�tais un Yougoslave.
Aujourd'hui, je suis un musulman [aujourd'hui, on d�signe les musulmans
de Bosnie par le terme de Bosniaques].
Apr�s la chute des casernes de l'APY � Slavonski Brod [de l'autre c�t�
du cours d'eau, en Croatie], les tensions dans la r�gion ont
consid�rablement augment�. Des heurts de sont produits: les gens avaient
des armes. J'�tais du nombre de ceux qui �taient d'avis de laisser la
vie suivre normalement son cours, � d�faut de fraternit� et d'unit�. La
Croatie �tait d�j� un Etat nouveau. Si nous avons besoin de nous
prot�ger contre qui que ce soit, avais-je l'habitude de dire,
prot�geons-nous au moins tous ensemble, puisque
nous vivons d�j� ensemble, Serbes, Croates et musulmans. Les
extr�mistes, tant chez les Croates que chez les musulmans, �taient
oppos�s � cette id�e et je peux vous dire que les deux groupes ont tent�
de me convaincre de me joindre � eux. Non en raison d'id�aux, mais pour
des questions d'int�r�ts, du fait qu'ils esp�raient probablement que ma
r�putation et mes connaissances dans le cadre de mon travail auraient pu
aider leur cause.
Ils m'ont dit : � Viens avec nous, et rien ne t'arrivera. � C'a �t�
�vident quand ils m'ont attaqu� par la suite. J'ai �t� attaqu� par les
membres de la milice qui avait �t� constitu�e � Brod au d�but mars 1992
et qui comptait exclusivement des membres croates et musulmans. Le
premier commandant de la police militaire de Bosanski Brod fut Josip
Bilic. Tous ces gens avaient �t� nomm�s selon des ordres venant de
Slavonski Brod. Les Serbes s'�taient d�j� repli�s sur Lijesce.

De violentes fusillades

J'�tais pr�sident de la Commune locale de Sijekovac et lorsque certains
habitants m'ont approch� pour que je leur explique la mani�re dont nous
allions nous prot�ger, surtout des tueurs. L'attitude g�n�rale a �t�
pour dire que nous tous, Serbes, musulmans et Croates, devions
participer � des patrouilles locales. Toutefois, les extr�mistes l'ont
emport� � la fin et ont �vinc� tous ceux qui voulaient vivre ensemble.
Toute de suite, j'ai �t� vir� de mon poste de pr�sident de la commune
locale. En fait, ils ne m'ont pas vir�. Ils ont tout simplement repris
mes fonctions.
Dix-sept membres de la pr�tendue police militaire ont pris part � une
agression physique contre moi-m�me et ma famille. Ils nous ont attaqu�s
� notre domicile en exigeant que je leur c�de des armes. Ils pensaient
que l'APY avait stock� des armes chez moi. Je n'�tais pas en possession
de ces armes mais, par contre, j'avais les miennes propres. Ils ont
d'abord tir�, puis ont exig� que je me rende. La fusillade a �t�
nourrie. Cette nuit-l�, je me suis entretenu avec le g�n�ral Kukanjac,
avec le commandant de la Brigade de Derventa, avec le quartier g�n�ral
de Brod, avec le quartier g�n�ral de Lijesce, et j'ai exig� qu'on fasse
cesser cette attaque contre ma personne. Je n'avais pas l'intention de
me rendre. Ma femme, mon fils et ma fille, qui �taient encore mineurs, �
l'�poque, �taient avec moi dans notre maison. Ce qui m'avait choqu� le
plus, c'est que parmi les agresseurs, il y avait certains de mes voisins
et leurs enfants.
Les murs de notre maison �taient cribl�s d'impacts de balles. Une
intervention pour mettre un terme � ces attaques est venue d'en haut,
mais nous n'avons pas eu d'autre choix que de nous en aller. Ce jour-l�,
il y avait un enterrement. Un personnage important dans je ne sais quel
domaine �tait d�c�d� et tout le monde assistait aux fun�railles. Lorsque
nous avons vu que la sentinelle avait quitt� son poste, nous nous somes
�loign�s quelque peu de Sijekovac et nous nous sommes rendus � Dubocac,
la localit� o� je suis n�. Je suis entr� en contact avec la garnison et
me suis rendu ensuite � Derventa.

Les HOS arrivent

Toutefois, le m�me groupe qui m'avait attaqu� � Sijekovac, renforc� par
un groupe de soldats des HOS [Les HOS, ou Forces croates de D�fense,
�taient une milice croate d'extr�me droite (pro-oustachi), active � la
fois en Croatie et en Bosnie-Herz�govine en 1991 et 1992] sous le
commandement d'Obradovic, un homme bien connu dans cette r�gion, a
attaqu� Dubovac et s'en est empar�. Obradovic vivait � Slavonski Brod,
o� il poss�dait un bar. C'�tait un Serbe. Il provenait de Kraljevo, en
Serbie, mais �tait toujours dans les HOS. Apr�s la chute de Dubocac,
nous nous sommes enfuis vers le village musulman de Kobas, o� ma famille
s�journa durant tout le temps o� je fus � Derventa avec la Brigade.
Un groupe de 22 soldats des HOS, les fameux Handzars, dont le commandant
�tait un certain Ekrem Mendela, originaire de quelque part en Bosnie
centrale, quitta la Croatie pour s'installer � Sijekovac et s'installa
dans un camp de conteneurs appartenant � une compagnie provenant de
Teslic, non loin de chez moi. Ils contr�laient Sijekovac, en m�me temps
que le pr�tendu peloton d'intervention de Nijaz Causevic, de Sijekovac,
connu aussi sous le surnom de Medo. Obradovic et Causevic ont �cum� la
r�gion avec leurs groupes jusqu'au moment de la lib�ration de Brod.
Obradovic est mort plus tard, tu� par ses propres soldats, au moment o�
ils s'enfuyaient de Zboriste. Il avait essay� de les arr�ter et l'un de
ses hommes l'avait abattu.

Un renard � Kobas

Depuis lors, et jusqu'� la lib�ration de Brod, je suis rest� � Derventa.
En ao�t 1992, j'ai form� ma propre unit� au sein de l'Arm�e de la
r�publique de Serbie. La plupart de ses membres �taient des musulmans,
mais il y avait �galement quelques Serbes et quelques Croates. On
l'avait baptis�e l'unit� musulmane ind�pendante �Mesa Selimovic� [un
c�l�bre �crivain musulman de Bosnie], et elle servit dans l'arm�e de la
r�p�blique serbe jusqu'� la fin de la guerre. Elle �tait cantonn�e dans
le village de Kulina, pr�s de Derventa, en face de l'�cole du village.
C'est le g�n�ral Kelecevic et le colonel Slavko Lisica, aujourd'hui
g�n�ral, qui lui avaient donn� son nom.
Je fus le premier commandant de l'unit�, jusqu'en janvier 1993. Par la
suite, je quittai l'arm�e et travaillai � Brod. L'unit� comptait environ
120 hommes, mais les effectifs variaient de temps � autre. Elle avait
donc la taille d'une compagnie. Elle a �t� op�rationnelle dans tous les
combats aux alentours de Bord et de Derventa, et a �galement particip�
aux combats des environs de Teslic, Tesanj, Maglaj et Zavidovici. Ses
membres �taient tous des gars honn�tes, sans exception, et ils sont
d'ailleurs rest�s ici pour y vivre, par la suite. L'unit� faisait son
boulot honn�tement, consciencieusement. A notre avis, nous avions le
droit de d�fendre notre pays et nos biens, et c'est ce que nous avons
fait, nous sommes rest�s dans la r�gion et nous avons fait ce que nous
estimions juste. Et, bien s�r, aujourd'hui, la plupart de ces gens
vivent et travaillent toujours ici.
Comment cette unit� avait-elle �t� constitu�e ? Qu'il n'y ait pas de
confusion. Nous �tions des volontaires. D'une certaine fa�on, je voulais
prot�ger les gens qui �taient rest�s chez eux. Nous avons contact�
Lisica et il a accept� notre proposition. A l'�poque, il �tait colonel
et commandait un groupe tactique. Il vint � Kobas, o� nous nous �tions
r�fugi�s apr�s nous �tre �chapp�s de Dubocac, il rassembla des musulmans
dans la cour de la maison o� je vivais, leur tint un petit discours et
promit � la population que personne ne leur ferait le moindre mal. Puis,
il ajouta : � Si vous le d�sirez, je vous enverrai des v�hicules. � Il
n'y a eu aucune coercition.
Plus tard, nous nous sommes rassembl�s en face de l'�cole de Kulina et
nous avons r�fl�chi au nom que nous allions donner � notre unit�. Pour
autant que je m'en souvienne, je pense que c'est Lisica qui a sugg�r� le
nom de Mesa Selimovic, et que le g�n�ral Kelecevic a ensuite �t�
d'accord. Moi aussi, ce nom me plaisait, et je marquai �galement mon
accord. J'avais lu Mesa, en partie parce que ses oeuvres figuraient sur
la liste des lectures obligatoires de l'�cole, mais aussi parce que
j'aimais beaucoup ce qu'il �crivait. Et c'est ainsi que le nom est
rest�. En tant qu'unit�, nous n'avons commis aucun acte r�pr�hensible,
m�me si nos ennemis pr�tendent que c'est faux. Nous avons re�u la visite
de journalistes �trangers, et m�me la princesse Jelisaveta s'est rendue
au front pour nous rencontrer. Nous avons �galement re�u la visite de
parlementaires britanniques qui ont bu du caf� avec nous. Nous �tions
r�put�s pour notre cuisine. Comme la plupart des gens originaires des
rives de la Sava, nous pr�parions tr�s bien le poisson.

Des agresseurs de leur propre pays?

Ce que j'ai fait, ce que tous, parmi nous, nous avons fait, nous avons
choisi de le faire et n'en sommes nullement d�sol�s. Je sais que les
Serbes ont �t� trait�s d'agresseurs, mais nous ne l'avons pas accept�.
Nous faisions partie de l'arm�e de la r�publique serbe, nous �tions avec
nos voisins, et il n'y avait personne d'autre, ici. Il n'y avait
personne du Montenegro ou de la Serbie. S'ils �taient des agresseurs,
nous �tions nous aussi des agresseurs, dans ce cas, puisque nous �tions
avec eux. Et comment pourrais-je �tre l'agresseur de mon propre pays ?
C'est quelque chose que je ne puis comprendre. C'�tait la guerre, il y
avait ceux qui portaient les armes et qui n'�taient pas assez m�rs pour
le faire. Il se passait toutes sortes de choses et il fallait faire
attention � sa peau et rester dans son propre pays. Certains ne l'ont
pas support� et ils sont partis, mais d'autres ont pers�v�r� et sont
rest�s. Tous les villages musulmans sont rest�s. Prenez, par exemple,
Luzani et Omeragici, dans la municipalit� de Derventa, c'�taient des
villages essentiellement peupl�s de musulmans et tous ces gens sont
toujours l�, aujourd'hui.
Il y avait beaucoup de musulmans de Derventa, dans ma compagnie, mais
�galement dans le reste de la Brigade Derventa. Il est impossible de
juger cette affaire sur les apparences, sur tout ce que l'on a racont� �
propos de l'agression. Jusqu'en mai 1992, lorsque ces gosses, les
conscrits de 18 ans de l'APY, ont �t� tu�s � Kolibe, l'APY �tait une
force militaire l�gale, dans la r�gion. M�me � l'�poque, il �tait
impossible de parler d'agression.
Le mot a �t� utilis� pour faire pencher la communaut� internationale
vers l'un des camps du conflit. Tout le monde le souhaitait. Je connais
des cas o� les trois camps ont attaqu� leurs propres villages afin
d'accuser les autres camps et cela ne peut donc constituer un alibi pour
aucun des trois camps. C'est la stricte v�rit�. Tout cela a �t� organis�
de fa�on � semer le chaos et la confusion, puisque les gens, hormis les
extr�mistes, voulaient toujours rester dans leur propre pays et vivre
avec leurs voisins. Et, voyez, ils reviennent, aujourd'hui.
Il est vrai que l'on trouvait beaucoup plus de musulmans dans l'autre
camp. Mais ils ne l'avaient pas choisi d'eux-m�mes. Ils combattaient au
sein des HVO. Ils devaient ob�ir aux ordres. Chaque unit� musulmane des
HVO avait un �conseiller� croate, et nous savons tous ce que cela veut
dire. J'�tais compl�tement ind�pendant, et je jouissais de la pleine
confiance de mes sup�rieurs. Je n'avais pas de � conseillers �, dans ma
compagnie. La m�me chose est d'ailleurs vraie aussi pour mon successeur.

Le � crime � de Sijekovac

Le � crime � de Sijekovac a eu lieu le 26 mars 1992. A l'�poque, j'�tais
� Derventa, en compagnie de mon unit�, op�rationnelle au sein du QG de
la Brigade. J'ai �t� le premier, � Derventa, � recevoir des informations
sur ce qui s'est pass�. Je sais que l'�tat-major de crise de l'�poque, �
Sijekovac, avait d�cid� d'attaquer et de d�sarmer une partie du village.
Des documents �crits le confirment, d'ailleurs. L'ordre fut sign� par
Smajo Havic, � l'�poque pr�sident de l'�quipe de crise de Sijekovac. Peu
apr�s, il d�missionna, probablement apr�s avoir compris ce qu'il avait
fait. Les troupes des HOS d'Obradovic et le peloton d'intervention de
Nijaz Causevic Medo particip�rent � l'attaque. Les membres du peloton
d'intervention �taient des extr�mistes originaires de Sijekovac, des
musulmans et des Croates. Huit Serbes perdirent la vie dans l'attaque.
Tous �taient innocents, certains �taient m�me des attard�s mentaux.
J'appris la nouvelle du crime � Derventa, de la bouche de feu Miso
Bacic. J'esp�re qu'on le r�habilitera, puisque la fa�on dont on l'a tu�
est une insulte pour tous les gens d'ici.
Avant la guerre, les musulmans �taient les plus nombreux, dans la
population de Sijekovac. Puis, venaient les Serbes, puis les Croates.
S'il n 'y avait eu ces extr�mistes et ces criminels, Sijekovac aurait pu
garder le statut de village neutre, bien qu'� l'�poque il f�t
particuli�rement difficile de demeurer neutre.
On se servit de cet incident comme d'une excuse pour poursuivre la
guerre et, en fin de compte, il exer�a une grande influence sur
celle-ci. Ce fut l'un des �v�nements qui allait indiquer qu'il n'y
aurait plus de retour en arri�re. Sans ce crime, bien des personnes
n'auraient pu s'en sortir lorsque nous sommes arriv�s. Beaucoup ne
voulaient pas partir, mais elles craignaient les repr�sailles.

Piklovic tourne un film

Le HVO [Conseil croate de D�fense, la milice bosniaque � officielle �,
le HVO a absorb� les membres des HOS apr�s le meurtre non �lucid� de
leur dirigeant en Herz�govine] s'�tait vu confier cette r�gion. Par
exemple, la 102e Brigade de Bosanski Bord comptait un bataillon en
provenance de Sijekovac; Adnan Ramadanovic (tu� plus tard par ses
voisins) commandait le bataillon. Il fut le premier commandant de la
police militaire de Sijekovac, au d�but mars 1992. Tous les ordres
�manaient du HVO. Ivan Brzic �tait pr�sident de l'�tat-major de crise.
Armin Pohara �tait en quelque sorte son principal ex�cutant, mais tous
les ordres venaient de Slavonski Brod. Il existe un film, tourn� par les
gens du HVO, et qui montre comment les villages ont �t� br�l�s apr�s le
retrait des Serbes, � commencer par Lijesce, etc. Piklovic en personne
�tait mont� dans une voiture et avait observ� la destruction
syst�matique de ces villages par le feu; le film a �t� tourn� � partir
de sa voiture. A l'�poque, il �tait pr�sident du conseil
ex�cutif de la municipalit� de Slavonski Brod. Je pense que c'est
Tudjman en personne qui a donn� l'autorisation � Ante Prkacin d'agir �
sa guise en Posavina. Le HVO a d�truit par le feu tous les villages
serbes en direction de Doboj. On a probablement agi de la sorte pour
emp�cher les musulmans de Kotorsko et de Modrica d'emm�nager dans ces
villages serbes et de modifier ainsi la composition ethnique de la
population de la r�gion.
Il y a des documents, avec des noms, qui montrent que les membres du
bataillon dit de Sijekovac, qui comptait en ses rangs de tr�s nombreux
musulmans, ont �t� pay�s par la Croatie. Dans ce cas, qui �tait
l'agresseur? Plusieurs formations de l'arm�e croate ont combattu dans
cette r�gion. L'une d'entre elles �tait la 108e Brigade, la premi�re
brigade de l'arm�e croate qui, comme ils le pr�tendent, a lib�r� les
casernes de l'APY � Slavonski Brod. Elle a connu un cuisante revers �
Kostres et � Novo Selo, o� entre 60 et 70% de ses effectifs ont �t�
tu�s. J'ai fait main basse sur toutes ses archives. Le commandement de
la Brigade se tenait dans un restaurant pr�s d'Ukrina. Je me souviens
que le commandant se pr�nommait Martin, mais je ne me souviens plus de
son nom de famille. Je me rappelle aussi qu'il avait �t� officier de
r�serve dans une compagnie d'ing�nierie de l'APY de la Brigade de
Derventa.
Ils �taient venus ici en mission, depuis la Croatie. La Brigade de
Bjelovar et quelques autres brigades de l'arm�e croate se sont �galement
battues ici.
Lorsque nous avons lib�r� Brod et captur� plusieurs personnes, celles-ci
nous ont dit qu'elles avaient �t� embarqu�es en Posavina [r�gion
avoisinant la rivi�re Sava, en Bosnie du Nord] par tromperie. On leur
avait dit qu'elles allaient marcher sur Okucani et, ensuite, on les
avait emmen�es � Brod.
J'�tais de service aux casernes de Derventa lorsque le HVO a captur�
Fikret Abdic � Radic. J'ai d�croch� le t�l�phone et quelqu'un m'a dit :
�Vous pouvez avoir Abdic, refilez-nous simplement Vencelovka et Stanic.�
C'�taient deux Croates que nous avions captur�s, mais nous les avions
imm�diatement rel�ch�s. J'ai appel� le responsable de la d�fense des
casernes, le major Stajcic. Nous n'avions nullement l'intention de
n�gocier quelque �change que ce soit.

Ce que tout le monde sait

Une fosse commune de Serbes assassin�s par le HVO avant octobre 1992 a
�t� d�couverte � Brod, mais l'affaire n'a'pas �t� publi�e. Il existe des
documents sur les actions de Nijaz Causevic Medo, des t�moins ont fait
des d�clarations, il existe aussi des preuves film�es. Causevic a tourn�
un film de trois heures sur son unit�. Des hommes de son groupe ont
viol� une femme serbe originaire de Sijekovac, l'ont d�pec�e et ont
ensuite jet� ses restes en p�ture aux chiens. Il y a eu d'autres viols
et bien d'autres histoires encore. Un membre de l'unit� de Medo a tu� un
homme qui avait vendu un cheval, un Croate. Tous ces actes ont �t�
examin�s, tant par l'arm�e que par la police, et ont fait l'objet de
poursuites. Le 26 mars, les personnes suivantes �taient assassin�es �
Sijekovac : les trois Zecevic, Milan, Vaso et Petar (Milan �tait
chauffeur � la raffinerie), puis Luka Milosevic et ses
deux fils. Sreto Trivic, un grand ami � moi . Puis un homme plus �g�, un
retrait�, a �t� massacr� dans sa chaise roulante. Cela a �t� prouv�. Ils
sont venus chez lui et l'ont massacr�.
Mustafa Kovacevic, un ing�nieur �lectricien de la raffinerie, expert de
renomm�e mondiale, ainsi que sa femme Mirsada ont �t� tu�s pendant que
le HVO et Medo �taient au pouvoir. Leurs corps ont �t� incin�r�s, mais
nous avons d�couvert leurs restes et leur avons donn� une s�pulture. Mon
ami Mustafa Alic a �t� assassin� dans sa propre maison, mais on n'a
jamais retrouv� son corps, par contre. Quelques autres personnes,
surtout des Serbes et des musulmans, ont disparu sans laisser de traces.
La section croate de la direction extr�miste avait l'habitude de dire :
�D'abord, il faut se d�barrasser des communistes. Vous savez qui c'est,
voil� les listes ici. Et apr�s �a, on liquide les Serbes.�
C'est la v�rit�. Tout le monde le sait. Aujourd'hui, certains des
coupables circulent toujours librement dans les environs.

Medo � l'assembl�e

Cela s'est poursuivi jusqu'au 7 octobre 1992, lorsque nous sommes entr�s
� Brod. Je dis � nous � parce que j'�tais l'un des commandants qui ont
particip� � ce que nous appelons la lib�ration de Bosanski Brod. Quoi
qu'il en soit, nous avons mis un terme � nos op�rations dans la r�gion
de Sijekovac, et nous sommes rentr�s chez nous. Nous �tions press�s
parce que nous savions que l�, il y avait des gens honn�tes et braves et
que certains d'entre eux nous attendaient. Voil� comment les choses se
sont pass�es.
Malheureusement, certains sont rest�s et l'ont pay� de leur vie. C'est
ainsi que les choses se sont pass�es, voil� comment a �t� la guerre,
telle est notre infortune.
Je suis assez m�content de la fa�on dont on s'y est pris pour �lucider
les crimes. Nos autorit�s ont fait un certain travail, l'IPTF aussi.
Quelques-unes de ces personnes, dont Nijaz Causevic Medo, qui est en fin
de compte responsable de nombreux crimes qui se sont produits dans cette
r�gion, et sp�cialement � Sijekovac, n'ont jamais �t� inqui�t�es.
Obradovic a �t� tu�, il est parti, mais nombre de ses hommes qui ont
particip� � toutes ses op�rations sont toujours en libert� ici. Par
exemple, Zeljko Barisic, qui �tait ici � l'�poque en qualit� de g�n�ral
du HVO. Il existe un film montrant Barisic � la t�te de ce groupe et
l'emmenant se battre contre des francs-tireurs, � proximit� du bureau de
poste de Brod. Ce film a �t� truqu�. Blazen Kljajic est un autre type de
ce genre.
Progressivement, la vie reprend son cours normal, � Sijekovac. Environ
70% des Serbes sont revenus, il y a plusieurs r�fugi�s et, r�cemment,
une petite douzaine de musulmans ainsi qu'une famille croate sont
revenus. La plupart d'entre eux sont des gens �g�s. Les jeunes viennent
jeter un oeil, puis s'en vont. Mais m�me apr�s tout ce qui s'est pass�,
les gens veulent � nouveau vivre ensemble.


Traduit de l'anglais
par Jean-Marie FLEMAL
avec mes remerciements.
Roger ROMAIN <r.romain@...>

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